Faut-il craindre les gelées tardives ?

Alors que la végétation explose et prend de l’avance, on commence à s’inquiéter de la survenue de gelées tardives qui pourraient causer quelques dégâts. La question revenant fréquemment, tentons d’y répondre avec les outils à disposition sur Internet. La prévision à long terme est un exercice difficile et assez aléatoire, mais il est toujours intéressant d’y jeter un œil par simple curiosité, mais avouons-le, un peu aussi pour se rassurer.

Les deux prochaines semaines

Commençons par ce qui est plus proche de nous. Le modèle américain GFS ne montre pas de réel signe de gelées pour les deux prochaines semaines, à l’exception de ce mercredi où des gelées blanches seront plus que probables dans l’est du pays. Les températures matinales pourront quand même descendre assez bas certains matins : 2 à 3°C samedi par exemple. L’anticyclone aura encore son mot à dire ce week-end, avant de laisser la place à un flux d’ouest plus perturbé  mais assez doux. La variabilité est tout de même assez grande pour la semaine prochaine, mais les scénarios de températures descendant sous les 0°C sont assez minoritaires. Au passage, pour le lundi de Pâques, attendons-nous à un temps assez pluvieux.

Le mois de mai

La suite est plus complexe à aborder. On a tous en tête les fameux Saints de Glace, réputés pour leurs gelées. Pour prévoir le temps à un mois d’échéance, on dispose du modèle CFS, modèle à résolution nettement plus faible mais qui a l’avantage d’être couplé à un modèle océanique plus poussé. Il permet de calculer plusieurs fois par jour, à mesure que de nouvelles observations sont disponibles, des scénarios d’évolution du climat jusqu’à 9 mois d’échéance. En moyennant ces scénarios, on peut avoir quelques informations sur la saison à venir.

Pour le moment, CFS prévoit que le mois d’avril doit rester globalement plus doux que la moyenne, quand à mai il resterait autour des normales en étant légèrement plus doux. Coté pluviométrie, on resterait plutôt sec pour avril et autour des normales pour mai, voire légèrement plus sec à l’est. Nous voici bien avancés !

Pour essayer d’y voir plus clair pour le mois de mai, il convient de regarder la carte de la pression moyenne. On s’aperçoit que la tendance globale est à l’anticyclone sur l’Europe, avec une zone de basses pressions sur l’atlantique. Cela indique une légère dominance d’un flux de sud à sud-ouest, provoquant quelques assauts perturbés et orageux : une situation normale pour un mois de mai, avec des phénomènes dont l’intensité ne semble pas sortir de l’ordinaire. Ce scénario est corroboré par une légère anomalie chaude à 1500 mètres, ce qui peut expliquer la probable douceur moyenne prévue.

Toutefois, le temps perturbé résulte d’une alternance de flux chauds de sud ou sud-ouest, et d’air plus frais en provenance d’atlantique nord. Ce sont les périodes où le flux est au nord ou nord-ouest qui sont davantage à surveiller, car pouvant causer des chutes de température importantes. Là encore, une analyse plus fine, en regardant cette fois les cartes d’évolution au jour le jour, ne montre pas de descente d’air froid très marquée. Cela n’empêchera pas pour autant certains matins aux températures de descendre assez bas, mais normalement pas de manière marquée sous la barre des 0°C.

De plus, le modèle prévoit de manière stable une dorsale anticyclonique vers les fameux Saints de Glace. Cette dorsale serait accompagnée d’un flux de sud doux. Si une telle situation se confirmait, cela éliminerait pratiquement tout risque de gelées tardives dans la saison.

Conclusion

Au vu de tout cela, et en tenant compte des statistiques qui donnent fréquemment un printemps doux après un hiver doux, il semble donc peu probable d’avoir de fortes gelées tardives. Quelques petites gelées blanches matinales sans gravité pourront toutefois avoir lieu ici ou là, surtout dans l’est du pays où le climat est plus continental. Les indicateurs de fiabilité sont plutôt bons, le modèle semble donc assez bien corrélé avec les observations disponibles et les données saisonnières. Mais gardons à l’esprit que les prévisions saisonnières sont encore très expérimentales et leur fiabilité n’est que de 60 %…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *