Une tornade à Landes-le-Gaulois ? Pas si sûr !

Le journal La Nouvelle République titrait ce matin “Landes-le-Gaulois dans l’oeil d’une tornade” au sujet d’un coup de vent très localisé qui a provoqué quelques dégats vendredi soir. Il ne s’agissait heureusement pas d’une tornade, phénomène autrement plus violent et qui se produit majoritairement dans des orages d’un type particulier. Les journalistes, qui ne sont pas des spécialistes de la météo, ont tendance à utiliser abusivement le terme “tornade” ou “mini tornade” dès qu’un coup de vent exceptionnel se produit.

Dans le cas qui nous intéresse ici, et au vu de la description qui en est faite, il s’agirait vraisemblablement d’un dust devil (“diable de poussière”). Le dust devil est un tourbillon d’air sec, qui peut se produire dans de l’air clair, sans nuages. En général, cela ne fait que soulever la poussière (dust en anglais) pendant quelques minutes tout au plus, mais le phénomène surgit de façon très imprévisible, d’où le terme utilisé. Quelquefois, comme ici et il n’y a pas très longtemps Avenue de Vendome à Blois, les vents sont suffisants pour provoquer quelques dégâts.

Comme l’a très bien précisé le journaliste Henri Lemaire de la Nouvelle République, ce phénomène trouve son origine dans une différence de température entre de l’air chaud en surface, et de l’air plus frais en altitude. C’est pour cela que le phénomène est plus fréquent en journée lorsque le soleil est fort. Une bulle d’air chaud monte comme une montgolfière, entrainant une dépression en surface, ce qui entraine l’air en tourbillonnant comme un syphon qui se vide. Mais la convection seule ne suffit pas à former un tourbillon aussi durable et puissant. C’est vraisemblablement une combinaison de vents cisaillés en altitude et de turbulences en surface qui permettent d’accentuer et d’entretenir un tel tourbillon.

Ce genre de phénomènes est tellement localisé et nécessite une telle combinaison de facteurs qu’il est impossible de les prévoir. Ce sont essentiellement des phénomènes de turbulence, donc aléatoires. Fort heureusement, les dégâts qu’ils provoquent sont rares et assez légers.

Source : Landes-le-Gaulois dans l’oeil d’une tornade (Henri Lemaire, La Nouvelle République)

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